Réflexes archaïques et attention : quel lien chez l’enfant ?

Votre enfant a du mal à rester concentré, bouge beaucoup, se tortille sur sa chaise ou semble rapidement fatigable lorsqu’il doit faire ses devoirs ?
Avant de parler uniquement d’attention, il est intéressant de vérifier le corps et la motricité.
L’attention : une capacité qui mobilise tout le corps
Lorsque l’on pense à l’attention, on imagine souvent une capacité purement cérébrale : écouter, comprendre une consigne, rester concentré et terminer une activité.
Pourtant, être attentif demande aussi une certaine disponibilité corporelle.
Pour écouter en classe, lire ou écrire, l’enfant doit notamment pouvoir :
- Maintenir une posture suffisamment stable
- Coordonner ses mouvements
- Orienter son regard
- Gérer les nombreuses stimulations présentes autour de lui
- Inhiber certains mouvements ou réactions
- Maintenir un niveau d’éveil adapté
- Passer d’une information à une autre.
Chez certains enfants, rester concentré longtemps peut donc représenter un effort important. Un enfant qui bouge sur sa chaise, change régulièrement de position ou manipule un objet n’est pas nécessairement « inattentif ». Le mouvement peut parfois participer à sa régulation et l’aider à rester engagé dans une tâche.
Lien possible entre réflexe archaïque et l’attention ?
Le lien entre réflexes archaïques et attention est principalement envisagé à travers la relation entre mouvement, posture, régulation et disponibilité pour les apprentissages.
Quelques exemples de réflexes qui peuvent perturber l’attention
Le réflexe tonique symétrique du cou (RTSC) :
Il intervient notamment dans la coordination entre le haut et le bas du corps. Certains enfants présentant des difficultés motrices associées peuvent avoir du mal à rester assis correctement, changer fréquemment de position ou s’affaisser sur leur table. Le maintien d’une posture stable peut alors demander beaucoup d’effort et diminuer leur disponibilité pour les apprentissages.
Le réflexe tonique labyrinthique (RTL) :
Il est lié au tonus musculaire, à l’équilibre et à l’orientation du corps dans l’espace. Des difficultés dans ces domaines peuvent se traduire par une posture instable, une tendance à se balancer ou une fatigue lors des activités nécessitant de rester assis longtemps.
Le réflexe de Galant :
Il est parfois évoqué chez les enfants qui bougent beaucoup sur leur chaise ou semblent gênés par le contact du dossier ou de certains vêtements. Cette agitation corporelle peut rendre plus difficile le maintien de l’attention, notamment lors des activités longues.
Le réflexe tonique asymétrique du cou (RTAC) :
Lorsque l’enfant tourne la tête, ce réflexe entraîne normalement une réponse automatique des bras et des jambes. Une persistance de ce réflexe est parfois associée à des difficultés de coordination entre les yeux et les mains, de copie au tableau ou d’écriture. L’enfant peut également avoir du mal à stabiliser son corps pendant une activité.
Le réflexe de Moro :
Ce réflexe est lié aux réactions automatiques du jeune enfant face à certains changements ou stimulations. Voir l’article Réflexe de Moro.
En conclusion
Les réflexes archaïques constituent une étape importante du développement moteur du jeune enfant. Leur évolution accompagne la maturation des compétences motrices et la mise en place de mouvements de plus en plus volontaires et coordonnés.
Si votre enfant a des difficultés d’attention, de concentration, de posture ou de coordination, une observation globale peut constituer un premier pas pour mieux comprendre ses besoins.
L’objectif n’est pas de demander à l’enfant de « faire plus d’efforts », mais de chercher avec lui ce qui peut l’aider à être plus disponible pour apprendre, bouger et grandir avec davantage de confort et de confiance.
